Escalade · Grandes voies à Ordesa · Grand Dièdre 73 et Aliga
Date du séjour : 13–14 juin 2026
Juin 2026. J’ai repris l’escalade depuis quelques mois après une fin de saison hivernale écourtée par la fatigue et la lassitude. Les dix premières semaines du cycle étaient consacrées à recréer un volume conséquent de grimpe, afin de retrouver la technique et l’endurance nécessaires aux grandes voies, mais aussi de préparer la suite de la saison.
Le CAF de Toulouse organise une session à Ordesa sur un week-end, avec de la grande voie en TD/TD+ au programme. Ça me va.
La vallée d’Ordesa est probablement l’un des coins les plus réputés pour la grimpe pyrénéenne. Pour autant, je n’y suis jamais allé et je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre. Pour être honnête, j’appréhende le week-end. Je n’ai pas suffisamment travaillé l’engagement et j’ai peur de chuter sur friends. Même si mon niveau à vue est censé être suffisant, le facteur mental influe énormément sur la qualité de ma grimpe.
Mais peu importe : je veux y aller pour savoir où j’en suis.
Jour 1 — Grand Dièdre 73
Pour ce week-end, nous sommes quatre : David, l’encadrant du CAF, et Bruno, Nicolas et moi comme participants.
Pour le premier jour, nous partons dans le Grand Dièdre 73, un itinéraire coté TD sur environ 350 mètres. Nico et moi formons une cordée autonome, juste derrière David et Bruno qui nous précèdent.
Cette première journée sera assez difficile dans le ressenti. Le caillou est pèteux et la voie, bien que techniquement abordable, comporte de nombreuses terrasses. Oubliez les friends : une chute a de bonnes chances de se terminer par un talon ou un bassin dans une vire.
Mais la vraie difficulté viendra surtout de la lenteur des cordées devant nous. Le rythme nous impose parfois presque 45 minutes d’arrêt à chaque relais. C’est une situation assez pénible : il reste encore des longueurs à sortir, donc impossible de se reposer complètement mentalement, mais on passe malgré tout beaucoup de temps assis à se refroidir. Le tout en restant potentiellement exposé aux chutes de pierres provoquées par les cordées précédentes.
La voie se terminera sans trop de mal pour moi. Je suis plutôt au niveau dans la grimpe, malgré un petit tirage sur un friend, pas forcément justifié, simplement pour me rassurer.

Mon éthique me pousse à vouloir sortir toutes mes grandes voies en libre et en enchaînant. Bien sûr, je ne peux pas contrôler ce que fait mon partenaire dans ses longueurs, et certaines voies demandent réellement d’artifer. Mais la plupart du temps, je ne considère pas avoir « coché » une voie dès lors que j’ai pris un repos, tiré au clou ou utilisé un autre moyen déloyal.
Jour 2 — Aliga au Tozal del Mayo
Le deuxième jour, nous choisissons une voie plus courte, car le trajet du retour nous attend. Nous partons au Tozal del Mayo, dans Aliga, à gauche de la Ravier.
La deuxième longueur, qui est aussi ma première longueur en tête de la journée, n’est pas vraiment là pour me rassurer. Techniquement modérée, autour de 6a maximum, elle remonte une cheminée remplie de blocs instables qu’il vaut mieux éviter d’envoyer sur les copains au relais.
La voie s’améliore ensuite nettement. Le niveau de grimpe est homogène et alterne entre des passages de dalle plus techniques et des fissures athlétiques.
À la faveur d’une erreur de lecture, David et moi — oui, les cordées ont changé entre les deux journées — nous retrouvons obligés de faire un rappel sur un arbre pour rejoindre un relais un peu caché. S’ensuit ce qui est censé être le crux de la voie : trois mètres de fissure en semi-opposition, avant d’entamer un passage aérien et particulièrement photogénique.

La fin de la voie reste sympathique, même si la difficulté décline progressivement à mesure que l’on approche du sommet. Le chemin de descente sera l’occasion d’admirer une dernière fois le paysage et quelques marmottes sauvages.

Ce que je retiens du week-end
Ce week-end m’aura permis de me rassurer sur plusieurs points. Techniquement, je suis capable de grimper des itinéraires soutenus sans chuter et de gérer mon mental sur des journées longues, malgré la fatigue et les temps d’attente.
Du côté des protections, en revanche, il reste du travail. Mes placements de friends sont encore perfectibles et il est essentiel de continuer à les améliorer.
J’ai notamment encore trop recours à la technique du friend « psychologique » : placer quelque chose principalement pour libérer mon cerveau de la peur et réussir à engager la séquence suivante. Dans mon cas, le problème n’est pas forcément de poser trop de protections, mais de confondre le fait d’avoir placé un friend avec le fait d’être réellement protégé. Un placement médiocre ne devient pas bon simplement parce qu’il rassure.
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Et toi ?
Qu’est-ce qui t’aide à garder la tête froide quand l’engagement augmente en grande voie ? Tu peux partager ton expérience dans les commentaires.

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