Escalade · Grande voie à la Dent d’Orlu · Fleur de Rhodos
9 mai 2026
La Dent d’Orlu, c’est un des coins d’Ariège où le caractère « montagne » d’une grande voie est le moins discutable. Croyez-le ou non, après plus de trois ans dans le coin, je n’y avais encore jamais mis les pieds. Une face loin dans la valée, connue pour ses dalles et ses points espacés, mais la difficulté reste modéré : sur le papier, de quoi se remettre tranquillement dans le bain après plusieurs mois sans vraie grande voie. Je propose donc à Chris d’y aller ensemble pour préparer l’été.
La montée au parking de la Poêle à frire est, disons, inoubliable. Entre les pierres au milieu de la route et les mini-torrents, je finis par arriver sans encombre mais non sans peur. Enfin, surtout pour le van. Chris me rejoint dans la soirée et nous partons le lendemain matin.

Du 6a, mais du 6a d’Orlu
À la fin de l’approche, je comprends que j’ai sous-estimé les conditions. Le sommet est encore enneigé et nous n’avons ni piolet ni crampons. On décide qu’on improvisera en haut. Avec le recul, c’était une erreur de ne pas avoir pris les gully.
Nous visions Pink Floyd, mais son départ est noyé sous un névé. Nous sommes déjà à peu près à hauteur de son deuxième relais et, faute de s’y retrouver, nous attaquons finalement Fleur de Rhodos sans le savoir.
L’occasion de me faire tabasser dès la première longueur.
Ça ne dépasse pas 6a, mais le 6a dalle d’Orlu, avec ses points espacés, me met une bonne pression. Moi qui pensais avaler facilement les dix longueurs, il faut déjà que je me rappelle de poser les pieds, de me placer… bref, de grimper, quoi. La longueur passe difficilement et je me surprends même à poser le pied sur un spit vers la fin.
Chris attaque la deuxième longueur, chute au deuxième point et redescend. Je la reprends et l’enchaîne, puis nous alternons en réversible jusqu’au sommet. La suite devient progressivement plus simple et je retrouve de la fluidité.

La descente faisait aussi partie de la course
La redescente sera mémorable. La neige est toujours là, mais pas les piolets restés au van.
Nous progressons une partie du temps en corde tendue, en essayant de nous assurer autant que possible. Ça ne remplace pas l’équipement adapté : entre les hésitations et les jongleries, il nous faudra presque trois heures pour retrouver le parking. La prochaine fois, les conditions de descente devront faire partie de la préparation au même titre que les longueurs à grimper. Je note que même en dessous de 3000 en mai, la neige est un problème.

M’enfin, l’objectif est globalement rempli. J’ai travaillé mon placement en dalle, révisé mes manips et mon efficacité, et retrouvé de bonnes sensations physiques sur une journée longue. La reprise n’aura simplement pas été aussi tranquille que prévu.
Maintenant, direction Ax-les-Thermes pour la nuit !
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